Une journée à #OuagaDouxGout

Le soleil ne s’est pas encore tout à fait levé mais le doux parfum des aurores se fait déjà sentir. Le chien du voisin rivalise d’ardeur avec les coqs du quartier. Dans la mosquée au coin de la rue, le muezzin appelle nonchalamment à la prière matinale.  les premiers pas dans les rues se font entendre. Ouaga se réveille.
Le brouhaha des « chars » , ces motocyclettes incontournables qui peuplent les artères de la ville, domine de loin le sifflet des élèves policiers habillés de mauve et postés à tous les grands carrefours. Comme on le dit ici, « Ouaga sans char, c’est la galère ». Il est vrai qu’ici et là, on peut voir les taxis verts, à la carrosserie d’une autre époque et avec une ou deux bicyclettes à l’arrière dans le coffre se battre comme de beaux diables contre les bus bondés de la SOTRACO pour remonter le boulevard Charles de Gaulle. Ouaga vit.
Le soleil est au zénith. Il fait chaud. Cela n’empêche pas les conducteurs de tricycle de discutailler avec les propriétaires d’ânes sur la voie publique. A quelques « six mètres » de là, un « tablier » s’installe devant son plat de benga et aligne les commentaires un peu osés, ponctués de « Waayyyeee » sur la posture cambrée d’une motocycliste qui s’était arrêtée pour acheter des fraises. Ouaga respire.
La poussière en suspension dans l’air donne une drôle de couleur aux rayons de soleil. Au « grin », on écoute du Floby, on commente la dernière sortie de Zéphirin Diabré sur les médias. Le thé circule, réchauffe, rafraîchit. Le vendeur de porc au four installé près de la bande réclame sa part de thé. En sirotant sa boisson, il ne peut s’empêcher de demander quelle excuse bidon la SONABEL va encore sortir cette année pour les délestages de saison chaude. On rigole, on fait des blagues. Ouaga bouillonne.
La nuit est tombée depuis peu mais la chaleur demeure, comme pour rappeler que le soleil n’est jamais bien loin. Plateau SONAR, en face de ‘aéroport de Ouagadougou.Des bouteilles de Brakina et des brochettes ornent une table. TweetUp226. Quelques jeunes prétendument engagés refont le monde. La passion dans les débats tranche avec la quiétude qui règne à Ouaga 2000 à quelques kilomètres de là. Un gros véhicule tout terrain  vrombit et absorbe encore quelques centilitres d’essence avant de se garer. De loin, on peut voir les lumières du palais de Kosyam, un peu retiré de tout.
Il fait nuit, tout est plus ou moins calme, mais on peut encore entendre, au loin les échos des décibels envoyés comme un appel au ralliement par la pléiade de maquis qui ornent la ville et qui font d’elle OuagaDouxGout. Un avion décolle et le bruit de ses réacteurs semble vouloir briser le décor. Mais à la Patte d’Oie on est désormais habitué au bruit des réacteurs. Ouaga ne dort jamais.
Bienvenue à OuagaDouxGout. Ici, malgré le soleil, malgré la poussière, malgré la SONABEL, malgré… on se bat pour être heureux. On est Happy. Parce que quelque part, Ouaga, c’est nous.

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