Technologies mobiles et DEL au Burkina Faso (3/5)

INFRASTRUCTURE INADEQUATE ET COUTS ENCORE TROP ELEVES

Les technologies mobiles au Burkina souffrent d’une carence importante au niveau des infrastructures et de la qualité de service. La qualité de la couverture réseau et la disponibilité de service sont en deçà des seuils requis selon le cahier de charge des opérateurs, ce qui a amené l’Autorité de Régulation des Communications Electronique et des Postes à imposer des sanctions financières aux trois opérateurs et à même envisager le retrait des licences pour cause de mauvaise qualité de service. La couverture 3G est quasiment limitée aux deux villes de Bobo-Dioulasso et Ouagadougou. Même dans les zones couvertes par la 3G, le débit est globalement moyen voire médiocre, et les services sont souvent sujets à des interruptions régulières, ce qui ne la rend pas assez fiable pour des applications requérant une disponibilité et un débit élevés.

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La mauvaise qualité de la couverture et des services mobiles peut s’expliquer par un déficit d’infrastructures et une optimisation faible des infrastructures existantes. On dénote une certaine réticence au niveau des opérateurs à investir dans le renouvellement et l’amélioration des infrastructures justifiée probablement par le risque et la lenteur du retour sur investissement. Une lecture de la situation pourrait être que les opérateurs mobiles préfèrent s’acquitter de pénalités financières que d’investir dans l’amélioration de leur couverture réseau et de leur qualité de service, qui s’avèrerait plus onéreuse sur le moyen terme. Cet état de fait pourrait avoir à long terme un effet négatif sur le développement économique, en limitant les potentialités d’exploitation et de développement du secteur des mobiles par les autres industries et pans de l’économie nationale.

Une autre faiblesse du secteur des mobiles au Burkina Faso est le coût d’acquisition des terminaux d’accès encore élevé, surtout pour les terminaux compatibles 2G et 3G. La majorité des abonnés mobiles possèdent des terminaux basiques qui ne permettent pas d’avoir accès aux réseaux 2G et 3G, réduisant ainsi considérablement le marché cible pour les services basés sur ces technologies et qui créent plus de valeur ajoutée. Ainsi, bien que de plus en plus de burkinabè ont accès au mobile, et que cette tendance sera soutenue à moyen terme, cet accès est limité aux services de base que sont la voix et les SMS qui ne créent pas autant de valeur ajoutée que ceux liés à la 2G, à la 3G ou la 4G.

Si les coûts des services de voix et de SMS sont globalement plus bas que la moyenne dans la zone UEMOA, les coûts d’accès aux services de données mobiles sont trop élevés par rapport au pouvoir d’achat de la population du pays. Dans un pays ou le SMIG est à peine de 30000 XOF, et le PIB par habitant est estimé à environ 760 USD (366000 XOF) par an (source BAD) , les forfaits mensuels d’internet mobile reviennent en moyenne à 10000 XOF par mois, soit un tiers du SMIG.

Le secteur du mobile au Burkina souffre donc d’une infrastructure en incapacité de répondre aux besoins du marché, entraînant une qualité de service passable. En raison du coût onéreux des terminaux mobiles de dernière génération et des services de données mobiles, la majorité des utilisateurs n’ont accès qu’aux services classiques de la voix et des SMS, bloquant ainsi le potentiel d’impact des services à valeur ajoutée par exemple de la 2G et la 3G sur l’économie.

La suite ici.

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