La face cachée des « success stories »

Cet article a été écrit par Yacine Bio Tchané. Vous pouvez la retrouver sur Twitter.

L’entrepreneuriat est devenu en vogue au cours de ces dernières années et il est souvent brandi comme la solution au problème d’absorption des jeunes, diplômés ou non, dans les économies émergentes ou en développement. Ainsi, forums, concours, fonds d’investissement et autres initiatives se multiplient d’années en années afin de créer la prochaine génération de femmes ou d’hommes d’affaires. Et de plus en plus de jeunes sont séduits par cette idée.

Source: http://letshomeschoolhighschool.com/
Source: http://letshomeschoolhighschool.com/

L’entrepreuneuriat n’est pas fait pour tout le monde

Une idée, une compétence pointue, un besoin du marché et/ou le flair pour les affaires sont souvent le point de départ de l’aventure entrepreneuriale qui est loin d’être simple et paisible. Les nouveaux entrepreneurs ne sont souvent ni préparés ni équipés pour affronter les divers défis qui se posent à eux, quelque soit leur profil. Il ne s’agit donc pas de sortir d’une grande école de commerce ou d’avoir un MBA d’une école de la ivy league pour avoir du success ; il  ne suffit pas non plus de gagner des concours, récompenses ou de bénéficier d’accolades pour son idée ou son projet. L’entrepreneuriat c’est d’abord réussir à faire marcher son projet et à vivre de ses retombées en bénéficiant de l’accompagnement de ceux qui sont passés par là, de ceux qui s’y connaissent le domaine ou le marché ou de ceux qui peuvent mettre en relation avec des personnes ressources.

Quelque soit sa formation ou les opportunités du marché, l’entrepreneuriat demande de l’entrepreneur un mental d’acier, une patience de saint, une persévérance féroce et un soutien moral/financier/technique sans failles de part et d’autre.

Lorsque le business model n’est pas adéquat pour le marché

Une fois l’aventure lancée, il faut réussir à exécuter son idée et cela n’est pas toujours tâche aisée. L’exécution d’un plan d’affaires nécessite des ré ajustements progressifs des projections financières et parfois même de la vision initiale du projet. Il est important d’avoir une bonne maîtrise du marché dans lequel on entre, de ses intervenants, des prix et des besoins changeants de la clientèle. Aussi important est la qualité des ressources humaines qui mettent en œuvre le projet, tant dans leur profil professionnel que dans leur capacité à faire face aux défis de l’entrepreneuriat et à rester dévoués.

Il arrive qu’un projet ne décolle pas car le marché n’est pas encore mûr pour cela, c’est le risque que courent les avant-gardistes. Il arrive également que le projet n’ait pas pris en compte des évolutions du marché ou un événement socio-politique qui a un impact conséquent sur sa faisabilité ou sur la rentabilité prévue.

Passer des tableurs à la réalité est un gigantesque pas. Il est important que les entrepreneurs ne soient pas réticents à remettre en question leurs projets, à se faire une peau neuve en repartant à zéro, et à parfois même abandonner un projet pour un autre si cela s’avérait nécessaire.

Lorsque l’entreprise peine à répliquer son succès à plus grande échelle

Tout le monde les connaît, lorsque l’on parle d’un secteur ou des entrepreneurs qui ont réussi dans le pays, on fait référence à eux. Ils ont su exploiter leurs talents ou saisir une opportunité pour y arriver. Leur entreprise se porte bien financièrement, leurs enseignes sont visibles à travers la ville/le pays et ils poursuivent leur petit bout de chemin. Seulement, lorsqu’ils tentent de magnifier leurs activités et ils n’y arrivent pas et cela pour des raisons bien précises : ils n’ont pas de stratégie (plan d’affaires ou autre), ils ne veulent pas investir les montants requis afin d’étendre leurs activités (recrutements de personnel, achat d’équipements, location de locaux, nouvelles technologies, communication, conseil …) ou ils ne sont pas ouverts à entrer en partenariat avec d’autres pour avoir accès à des ressources ou pour consolider leurs acquis. Parce que leur réussite s’est faite quasiment toute seule et n’a pas initialement nécessité un gros investissement, ils sont persuadés qu’en gardant la même manière de faire les affaires, sans évoluer avec le temps, la technologie, les tendances et surtout les besoins des consommateurs, il n’y a pas de doute qu’ils réussiront.

Le buzz qui existe aujourd’hui sur les entrepreneurs et leurs projets qui émergent aux quatre coins du monde est encourageant. Cette publicité met en avant les possibilités qu’offrent l’entrepreneuriat mais ne confondons pas quantité (et visibilité) avec qualité (et rentabilité). Cela rappelle la croissance vertigineuse des taux d’inscription à l’école primaire lorsqu’elle a été rendue gratuite dans plusieurs pays mais au final celle-ci n’a pas engendré de meilleurs taux de réussite ni un meilleur système éducatif. Il n’existe pas réellement de données sur la durée de vie des entreprises créées. Aussi, peu d’entrepreneurs se prononcent sur leurs chiffres d’affaires et encore moins sur leurs résultats nets, il est donc difficile de mesurer le success de leur story.

Avec le temps, j’ose espérer que nous aurons une meilleure connaissance de cet écosystème et surtout que nous en tirerons les leçons apprises afin de mieux coacher les nouveaux venus et créer des entreprises pérennes.

Yacine Bio Tchané.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s