La vie sans Twitter (et Facebook)

J’ai désactivé mes comptes Twitter et Facebook il y a deux semaines. Un peu sur un coup de tête. Peut-être pour me convaincre que je n’en étais pas dépendant et que je pouvais vivre sans. Un défi personnel donc. Un gros défi d’ailleurs, pour le tweeto hyperactif et hyper connecté que je suis. Mais c’était aussi un peu pour prendre une pause et avoir un regard sur la valeur ajoutée des réseaux sociaux pour moi. A part ça, tout va bien.

touita

Twitter m’a manqué les deux premiers jours. Je me suis surpris plusieurs fois à ouvrir l’application sur mon téléphone, puis à tomber sur un écran couleur turquoise désespérant, me demandant de m’inscrire ou de me connecter. Je suis parfois un peu en retard dans les conversations, lorsque l’on mentionne tel ou tel tweet, tel hashtag ou tel compte qui fait le buzz en ce moment sur « l’oiseau bleu ». Il m’est arrivé de consulter un tweet dont on m’aurait envoyé le lien, sans me connecter, et de le commenter mentalement, sans pouvoir y répondre.

Puis j’ai commencé à m’y faire. J’ai commencé à perdre le réflexe de checker toutes les demi-heures sur Tweetdeck ce qu’il se passe dans le monde… ou sur les comptes communautaires. Je ne reçois plus de notification, ni de mentions, ni de messages directs. Je ne partage plus la musique que j’écoute quand je suis dans le bois sacré. Je suis moins distrait, et plus efficace quand je dois travailler (j’ai commencé aussi à me déconnecter de Skype pendants mes heures de travail). Mais j’ai aussi le sentiment d’être moins informé. Et c’est un sentiment que je n’aime pas.

J’ai donc appris et suivi les tristes attaques terroristes de Ouagadougou la semaine dernière, loin des réseaux sociaux. J’ai été informé plusieurs heures après le début des attaques, par un message reçu sur WhatsApp, d’une de mes collègues. Puis je suis allé sur Burkina24.com, France24.com , Jeune Afrique, à la recherche d’informations. Je n’ai pu y avoir que des dépêches très peu détaillées (Je ne regarde pas la télévision car je n’en ai pas chez moi). Le lendemain des attaques, j’ai pu lire quelques articles plus détaillés, avec plus d’information. Cependant, je n’ai pas eu l’effet instantané de l’information que m’aurait procuré une colonne sur Tweetdeck. Je ne sais pas si c’est mieux ou pire…

Il y a deux ans, j’ai fait la rencontre d’une jeune fille, californienne, qui est depuis devenue une amie. Je me souviens avoir été choqué quand elle m’a dit qu’elle n’était ni sur Facebook, ni sur Twitter, par choix, et qu’elle gardait le contact avec les personnes qui comptent pour elle par email, ou plus rarement, via Skype. Nous ne nous sommes pas parlé depuis Avril dernier. Elle a quitté la ville, et est rentrée aux Etats-Unis. Je lui ai écrit un email hier. Si elle me répond, cela voudra probablement dire que je compte pour elle. Enfin, je crois…

Ces derniers mois, j’ai eu la chance de rencontrer, dans la vie réelle, plusieurs personnes que je ne connaissais que via Twitter ou Facebook. Toutes m’ont dit que ma personnalité était totalement différente de l’idée qu’elles se faisaient de moi, à travers mes tweets ou posts. J’ai peut-être créé un épouvantail, sans le savoir. Ou alors, les réseaux sociaux sont juste un grand théâtre où chacun interprète un personnage et se fait sa propre opinion, généralement biaisée, des autres personnages.

J’ai pourtant fait de formidables rencontres sur les réseaux sociaux, qui se sont transformées en amitié réelle, en opportunités professionnelles ou personnelles.  J’y apprends chaque jour, et dans certaines situations, c’est carrément un outil de travail pour moi. Rien ne vaut une bonne liste Twitter et une colonne TweetDeck pour faire de la veille informationnelle. Aujourd’hui, rien ne vaut Facebook pour marketer un événement, ou booster du contenu.

Je n’ai sûrement pas quitté Twitter (et Facebook) de manière définitive. Je reviendrai sur Twitter probablement dans quelques jours, ou dans quelques semaines, et peut-être un peu plus tard sur Facebook. Mais je planifierai désormais, et avec une régularité que je définirai, ces moments de pause, pour me rappeler que sans les réseaux sociaux, ce n’est pas la fin du monde. Et qu’une conversation animée autour d’un thé au gingembre, au premier étage d’un immeuble sur le versant des « Mamelles », à Dakar,  n’est pas plus mal qu’une « rixe » sur Twitter par hashtags interposés.

Parce que parfois, les hashtags ne riment à rien. Souvent, les retweets ne veulent rien dire, et les favoris (désormais likes), c’est la dette.

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8 réflexions au sujet de « La vie sans Twitter (et Facebook) »

  1. Remember when i did the same lately and you were like  »why? What’s wrong? Etc? » well now i think u get the point. Sometimes some of us need to take some time for themselves.😊.
    J’ai désactivé FB y’a 3 ans et je le vis bien,j’ai désactivé IG y’a genre un mois et je le vis bien. Je déserte/ désactive souvent mon twitter,no big deal:je le vis bien.
    Pour dire que sans les réseaux sociaux on n’est pas si seul au monde,il y a une vie avant et après les RS.
    I miss you on twitter tho😢,reviens vite.
    Plus tu as été voté meilleur ambassadeur du Togo sur l’oiseau bleu mon papa tech 😂🙌.
    PS: give me a call asap😙

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  2. Je me disais bien que tu avais disparu. Je comprends tout à fait ta démarche. Une pause nécessaire pour constater que cette présence online n’a rien de vitale pour soi. See you soon 😉

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  3. Hi Kelly,
    I read your article with great interest! I joined Facebook a little over 5 years ago and I most recently joined Twitter and Periscope. I have to admit that, except for Periscope, I don’t check my Facebook or Twitter account everyday. When I do, I find stories from major publications (e.g. Harvard Business Review, Inc., Essence, etc …) the most interesting. Of course, I also love to see what’s going on with friends and family. That having been said, I have to admit some people do post things that I find strange to say the least! One also has to be careful with their time-management – you can spend an inordinate amount of watching (or reading about) other people living their lives that you don’t get time to live and/or enjoy your own:) With that said, am I willing to let go of social media yet? Oh no! I think there is a world of opportunity that has been opened to us. During your time of reflection, I hope you will find ways to milk these golden opportunities. Peace! SKN.

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    1. Hey Selpha!

      I got back on Twitter a week ago. I might still be away from Facebook for some time. I should confess that this time off social network was more like a vacation and observation time for me. To see what my life could look like without being constantly connected to social media. And it was actually… great! I was still able to catch up with friends and family on Whatsapp and Telegram. I would get stories from HBR, Jeune Afrique, NYTimes, TechCrunch, TechCabal, in my mailbox (I subscribed to the newsletters). And I felt more productive.

      I don’t think it is about getting off the grid, and leaving all social networks. But one have to find a balance between their cyber life and real life, and also keep in mind that what is virtual is in essence… virtual. I may have found it.

      Catch you on Skype! 🙂

      🙂

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