Le Monde, il existe déjà des codeurs professionnels made in Africa

Le Monde Afrique a publié ce matin un article qui avait pour titre:  » Des écoles pour faire naître la première génération de codeurs ‘Made in Africa’ « . Cet article a suscité de vives réactions pour fustiger son ton condescendant et son irréalisme. Face à ces réactions, le média a changé le titre de l’article, où « la première » a été replacé par « une nouvelle ».

En réponse à cette publication, je voudrais faire une liste de 10 écoles africaines (que je connais) qui forment d’excellents codeurs professionnels depuis plusieurs années déjà, ainsi que 10 codeurs professionnels dans mon « entourage » formés dans des écoles en Afrique.

Le titre de l'article sur Le Monde Afrique.
Le titre de l’article sur Le Monde Afrique.

10 écoles africaines formant d’excellents codeurs professionnels

  1. Centre Informatique et de Calcul : Une école de l’Université de Lomé, au Togo, créée en 1988.
  2. Institut Africain d’Informatique – Togo: Une école fondée en 2002, et membre du réseau IAI Afrique.
  3. Ecole Nationale des Sciences de l’Informatique: Ecole d’ingénieurs d’élite fondée en 1984, située à La Manouba, dans la banlieue de Tunis, en Tunisie.
  4. Institut National de Sciences Appliquées de Technologie: Ecole d’ingénieurs tunisienne  d’excellence fondée en 1992 et située dans la banlieue de Tunis.
  5. Ecole Supérieure Polytechnique de Dakar: Ecole d’ingénieurs au sein de l’Université Cheikh Anta Diop. Fondée en 1964
  6. Ecole Supérieur Multinationale des Télécommunications: Ecole d’ingénieurs fondée en 1981 par sept pays africains et basée à Dakar.
  7. Ghana Institute of Management and Public Administration: Ecole d’élite ghanéenne fondée en 1961 et située à Accra.
  8. Ashesi University: Université privée fondée en 2002 et située près d’Accra au Ghana, reconnue pour la qualité de sa formation.
  9. Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology: Université de technologie fondée en 1994 et située près de Nairobi.
  10. Durban University of Technology: Née de la fusion de 2 établissements universitaires en 2002, la réputation de cette université sud-africaine n’est plus à faire.

10 codeurs professionnels africains formés en Afrique

(N’hésitez pas à les contacter pour vos projets. Je recommande leur professionnalisme. C’était la pause pub.)

  1. Raymond M. Kpatchaa (@kraymond70)
  2. Eyram Adzra (@eyramadzra)
  3. Edem Alomatsi (@edem228)
  4. Jimmy Kumako (@jamesthakid)
  5. Idriss Tinto (@tintito_)
  6. Noel Some (@noel_some)
  7. Edem Kumodzi (@edemkumodzi)
  8. Ines Affo (@Laurly_Ines)
  9. Romy Gnemegna (@RomyGnem)
  10. Dadja Bassou (@Reptx)

Le vrai problème des codeurs en Afrique

En plus du titre curieux de l’article du Monde Afrique, c’est surtout des propos de Thierry Barbaut que reprend l’article qui ont attiré mon attention.

La première génération de codeurs professionnels made in Africa est en train de naître.

Le problème des codeurs en Afrique est plus un problème de quantité que de qualité. Il existe déjà des codeurs professionnels africains et formés en Afrique. Il existe d’excellentes écoles africaines formant chaque année de très bon codeurs dont les réalisations sont légion. Cependant, ce qui est vrai, c’est qu’il n’y en a pas assez, face aux besoins actuels. Ce n’est cependant pas un problème spécifique et circonscrit à l’Afrique. L’Europe et l’Amérique font face au même problème en ce moment. Il est donc évident qu’il est nécessaire d’en former plus, et tous les efforts et initiatives dans ce sens sont louables. Faire passer l’ouverture de représentations africaines d’une école française comme le moyen de « faire naître la première génération de codeurs ‘made in Africa’  » est incorrect.

Une simple recherche sur Google aurait permis au Monde Afrique d’avoir une analyse plus juste. Pour leur faciliter la tâche dans l’optique de leurs futures publications, je vous encourage à mettre en commentaire le nom (et si vous voulez un lien de contact) d’un codeur professionnel africain formé en Afrique, ou d’une école ou université africaine formant des codeurs.

Bon Lundi de Pâques.

KA.

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11 réflexions au sujet de « Le Monde, il existe déjà des codeurs professionnels made in Africa »

  1. Merci Kelly pour ces listes très importantes et pour le petit coup de pub.
    Je reviens sur 2 points de Thierry Barbaut moi:
    1) « L’Afrique est en pleine révolution numérique, mais les entreprises locales peinent à trouver des développeurs qui maîtrisent les nouvelles technologies ». Je voudrais savoir quelle étude ou quelles preuves attestent ce qu’il raconte. Prenons la réalité du marché, et tu constates des entreprises qui cherchent un développeur Ninja (web, desktop, base de données, mobile) et qui sont prêtes à lui payer 100-200euros mensuels, ou pire te proposer un stage de 6 mois non rémunéré en te demandant 2 ans d’expérience. Comment on peut trouver des développeurs quand on a ce genre de demande? ou quand on cherche des développeurs, amoureux de codes, pour venir maintenir des logiciels bateau achetés à de grosses firmes Européennes à des centaines de milliers d’euros? Je critiquerai l’Afrique que je parlerai plutôt de culture de talents locaux et de confiance en nos produits intellectuels locaux.

    2) « Les cycles universitaires classiques proposent des cours de web, mais le niveau est faible, car les professeurs sont issus d’une génération qui a souffert du manque d’accès aux infrastructures et donc aux technologies. Il y a une vraie demande. »
    Il appelle quoi cours de web? Je lis là des propos novices, d’une personne non avertie qui s’impose comme ayant une idée de ce dont il parle. Sur quoi il se base pour juger le niveau des devs Africains? quels indicateurs? Durant les 5 ans de tout mon cursus universitaire, j’ai eu un mélange de profs, des plus jeunes aux plus fatigués, mais tous à jour dans leurs éléments et donnant la route à suivre à des jeunes assoiffés de connaissance que nous étions et que nous demeurons. Une insulte pour ces profs, d’aucuns doctorants (se mettant donc à jour), d’autres chercheurs et se dévouant avec tout l’amour du code dans des labos à peine équipés. Je dénonce ici un manque de respect envers ces gens qui ont fait et qui font du super boulot. Si ça marche toujours pas, que les entreprises signent des partenariats avec les écoles et qu’elles suggèrent des lignes de formation, des modules pour que les étudiants sortis, les auto-didactes soient au niveau voulu pour eux.

    Encore une fois merci Kelly. Et vraiment que des regrets pour Thierry Barbaut, Morgane Le Cam, et le Monde à fric.

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  2. A reblogué ceci sur Stella TouchAtoutet a ajouté:
    S’il est vrai que beaucoup de progrès est à faire pour l’Afrique (et les Africains), il serait parfois erroné de toujours la croire totalement incapable ou ignorante des nouvelles techniques et technologies.
    Voici ici une mise au point que je partage entièrement, faite par le web developper Kelly Adediha sur un article publié récemment sur Le Monde Afrique, à propos des codeurs africains.

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  3. 1. La notion même de « codeurs professionnels » est d’une stupidité en soi! On est codeur ou pas. On est bon ou pas. On ne peut pas dire d’un marketiste, « c’est un marketiste professionnel »; il l’est ou pas.

    2. Etre professionnel ne signifie pas qu’on est sorti d’une école. Cela signifie qu’on exerce une activité en tant que métier. C-à-d qu’on a des contrats clairs, en consultance, en salariat ou en entreprenariat.

    3. A la fin, je m’en fous de sortir d’une école pro ou pas, tant que je peux coder, ça va. On a demandé Zukerberg, Jobs, Gates et tous les autres s’ils étaient sortis d’une école de programmeurs? Foutaises!

    Les réminiscences du colonialisme et la vision occidento-centrique du monde ne sont pas encore prêtes de s’arrêter avec de pareils articles.

    N’importe quoi!

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    1. Bonjour Thierry,

      J’aurais pu faire une liste plus longue. 🙂 Cependant, nous sommes d’accord qu’il y a un bésoin réel de plus de professionnels de développeurs qu’il n’en existe actuellement sur le marché. Un problème qui n’est pas qu’Africain, d’ailleurs… Et en ce sens, des écoles comme Simplon ou 42 peuvent être une réponse, pour renforcer ce qui se fait déjà sur le Continent.

      Ravi d’avoir pu échager avec vous sur le sujet avec vous sur RFI ce matin, et j’espère que nous aurons l’occasion de continuer la conversation de vive voix, de visu cette fois-ci, qui sait?

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  4. Echanger ? Mais montons plutôt un projet commun permettant de démocratiser les usages numériques dans les écoles en Afrique. Avec non seulement des nouvelles écoles mais aussi un site donnant les adresses, contacts, modalités.
    Il est plus qu’urgent d’œuvrer dans ce sens non ?
    Je te contacte de suite. Et j’espère que nous pourrons publier très vite des informations sur les projets et ainsi donner aux étudiants qui souhaitent s’inscrire des adresses de structures dans leurs pays respectifs

    Aimé par 1 personne

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